César, le chiot Rottweiler né en Slovaquie, vendu en Belgique, rescapé de justesse d’une broncho-pneumonie infectieuse

Là, il a plutôt bonne mine, César.

Mais, du haut de ses 2 petits mois, il vient de passer 4 jours entre la vie et la mort. 

Sans la mobilisation 24h/24 de toute une équipe, il n’aurait jamais été là pour cette photo aujourd’hui.

Acheté en animalerie il y a 10 jours à peine, hospitalisé il y a 1 semaine, César fait partie de ces nombreux chiens issus d’usines à chiots qui sévissent dans différents pays. 

La Slovaquie, la Lituanie, la Hongrie, la République Tchèque, la Pologne, sont devenues de véritables fabriques à chihuahuas, bouledogues, bergers allemands… 

En suivant les races à la mode chez nous, ce business peut être extrêmement rentable. 1 seul chiot acheté 250 euros en Slovaquie, peut être revendu plus de 1500 euros chez nous. 

Et nous, nous achetons…

Et comme nous achetons beaucoup, là-bas tout le monde s’y met. Faire du chien n’a jamais été aussi rentable. Du petit « particulier » au puissant grossiste, on s’en met plein les poches.

Un trafic de très grande envergure. On parle de 100aines de milliers de chiens par an écoulés par des commerçants complices de cette industrie, uniquement pour la France et la Belgique.

A quel prix pour les animaux?

Chiots élevés en batterie, mères épuisées par des saillies et des naissances intensives, sans jamais croiser un vétérinaire. Une fois vidées, au bout de leur productivité, elles sont abandonnées sans scrupule.

Quelques mots frappants de Romana Brezinova, bénévole pour une ONG Slovaque qui lutte contre ces usines, parus dans Libération :

« Les mères des chiots sont exploitées industriellement dès leurs secondes chaleurs, alors que leur croissance n’est pas achevée. Ce sont des esclaves. Certaines chiennes sont élevées dans des sous-sols sans voir le jour. On en a récupéré avec des cicatrices sur les flancs : elles avaient eu tellement de petits que les césariennes classiques n’étaient plus possibles.»

Quelques chiffres?

Moins d’1% de mortalité pour les chiots nés en Belgique ou en France, dans nos élevages sérieux.

En Europe de l’Est, la mortalité peut atteindre 15%…

Un voyage en enfer

Pour pouvoir arriver chez nous, le chien doit être identifié par une puce électronique, posséder un passeport européen et être vacciné contre la rage à partir de 12 semaines.

Mais pour être rentable, mieux vaut faire partir les chiens plus vite, plus jeunes, en trichant sur leur âge et avec de faux papiers, validés par des « vétérinaires » véreux.

Ils ont souvent moins de 2 mois, ne sont pas sevrés correctement et développent rapidement des troubles du comportement, en plus de maladies infectieuses graves dont ils peuvent être victimes.

Ces nouveaux nés qui tentent de survivre dans des espaces réduits, sans la moindre caresse, le moindre échange avec l’Homme, et dans des conditions d’hygiène insoutenables, doivent donc rapidement voyager vers chez nous.

Arrachés trop tôt à leur mère dont les apprentissages des premières semaines de vie sont irremplaçables, ils vont subir des centaines de kilomètres entassés dans des cages sans eau ni nourriture, pendant une vingtaine d’heures. Chaque transport doit être rentabilisé au maximum.

Stress, déshydratation et maladies contagieuses provoquent un nombre de décès important durant le trajet. Les plus faibles du voyage seront retrouvés morts à l’arrivée ou décèderont quelques jours plus tard, chez nous, chez vous.

Comment lutter contre ce trafic?

Chaque jour en Belgique et en France, les vétérinaires reçoivent des chiots issus de ce trafic et atteints de pathologies lourdes, quelques jours après avoir été acquis par des propriétaires mal informés et déjà très attachés à leur boule de poils. Et la maladie s’aggrave. Et on s’attache encore plus, tout en devant faire face aux frais vétérinaires liés à des soins intensifs mis en place, sans certitude de sauver le chiot à bout de souffle.

J’exerce depuis bientôt 10 ans et rien ne change. Ces fermes d’élevage semblent trop bien organisées et les revendeurs de nos pays trop bien protégés. 

Alors, à ma petite échelle, je m’adresse aux acheteurs.

Vous qui pensez bien faire. Vous qui voulez démarrer une formidable aventure avec un chiot, pour une dizaine d’années de vie commune. 

Ne faites pas confiance à ces vendeurs et intermédiaires malhonnêtes. Renseignez-vous sur l’origine du chien et n’alimentez pas cet horrible trafic. Ne vous fiez pas aux belles étiquettes de vaccins et aux tampons vétérinaires bien placés dans leurs passeports. En achetant un chien issu de ces pays, vous contribuez à ce commerce morbide et en devenez sans le savoir, les malheureux complices.

Demandez conseil à un vétérinaire. Rencontrez de véritables éleveurs passionnés et amoureux de leurs chiens, il y en a certainement un près de chez vous. Mieux encore, allez vous balader dans un refuge pour prendre conscience que vous pourriez facilement faire le bonheur d’un chien abandonné et devenir un héros en lui sauvant la vie.

Pour César c’est gagné, il a eu la chance de croiser une très bonne âme et s’est battu comme un guerrier. 

Que sa vie soit belle, maintenant…

Mais ça ne marche pas à tous les coups, alors s’il vous plaît, parlez-en et sensibilisez votre entourage, pour que tous les petits César puissent voir le jour dans les conditions qu’ils méritent tant…

Merci ❤️

Publicités

Une réflexion sur “César, le chiot Rottweiler né en Slovaquie, vendu en Belgique, rescapé de justesse d’une broncho-pneumonie infectieuse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s